dimanche, 15 février 2009
Goods vibrations
Un par page c'est un minimum pour du bonheur.
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samedi, 14 février 2009
En-avant de poubelle
Allez, c'est parti ! La grande saison de rugby du nord, de chez nous quoi, a commencé. Samedi dernier, vers les 18 heures, le coup d'envoi du tournoi des six nations a été donné pour l'Irlande et la France. Attention, là ce sont les meilleurs qui jouent, les balèzes, les costauds Lulu, ceux que l'on voit dans la télé dite publique et sur les calendriers des cabines de camioneuses. Moi j'étais sur le pont depuis bien longtemps, à mon travail je me faisais des statistiques pour savoir si la fréquentation allait baisser au cinéma à côté de chez moi pour cause de match, bien sûr. Je suis passée devant le bureau, dedans il y a des ordinateurs avec des collègues devant, tout le temps, ils sont devant alors, forcément, je me disais qu'ils regardaient les résultats, mes collègues... Mais non, ils s'en foutent du rugby, les jeunes du cinéma d'à côté de chez moi, plus que de leur première bobine. Alors, avec de grands gestes, et des phrases longues comme un fleuve mais en moins tranquilles, je me suis enthousiasmée, incitant le plus jeune de mes collègues à se connecter pour un voyage vers le pays de l'Ovalie. Au gré des mises à jour de la connexion, je filais telle une flèche vers le bureau pour lui demander où qu'ils en étaient nos petits gars. Mes clients gentils qui me connaissent savent que j'aime le rugby et ils ne sont plus étonnés de mes allers venues. Je reviens toujours avec quelques informations que nous commentons ensemble. Mais le travail c'est le travail, et à certaines heures précises, il y a des tâches qui m'incombent, comme par exemple, avant 19 heures, sortir les poubelles pour mes amis éboueurs. C'est l'heure à laquelle ils passent avec une exactitude digne d'un authentique service publique. Je ne manque jamais le rendez-vous, et c'est avec la satisfaction du devoir accompli que quotidiennement, j'aligne au coin de la rue mes jolies poubelles couleur all black. Mais là, pour cause d'extrême concentration rugbystique, j'étais un petit peu à la bourre quand je les ai entendus arriver et j'ai du courir pour ne pas manquer mon rendez-vous. Seulement voilà, nous sommes en hiver, il fait nuit et il pleut, ici comme en Irlande. Et puis, il faut bien le dire, j'ai un peu trop tendance à m'identifier aux autres, surtout en matière de rugby. Donc, des poubelles plein les bras je me précipitais vers les éboueurs en pensant à O' Driscoll qui venait d'en faire de même vers sa terre promise. Seulement, il n'y a pas de trottoir sur les terrains de rugby, mais dans les rues de ma bonne ville de Bayonne, si... Et je me suis donc étalée lamentablement sur les sacs-poubelles, en plein dessus, sur le bord du trottoir et à deux mètres des éboueurs venant à ma rencontre. L'en-avant bête qui arrive même aux meilleurs. La maladresse du héros fait lever les yeux au ciel aux foules de tous les stades du mondes . Je me sentais ridicule d'échouer si près du but, alors que j'avais prévu un joli drop, direct dans la benne. Le monsieur avec son joli gilet vert qui s'est approché de moi pour m'aider à me relever, devait bien rigoler en son for intérieur tandis que son collègue, du haut de sa cabine s'exclamait : - « Inutile de courir, puisqu'on repasse à 21 heures ! ». « Oui, mais à cette heure le match sera fini ! » que j'ai pensé très fort en me frottant le genou...
Heureusement que je ne me suis fait mal nulle part, je ne me vois pas expliquer à la Sécu comment je me serais cassée une jambe sur mon lieu de travail à cause d'un en-avant de poubelle. Pourtant ma mère me l'a souvent dit : - « On ne joue pas avec la nourriture ! » C'est vrai maman, encore une fois tu as raison, on ne joue pas avec la nourriture, ni avec ses restes. Aujourd'hui, j'attendrai donc prudemment 21 heures pour faire avec ma poubelle une magnifique chandelle jusqu'au milieu du ciel, le match France-Ecosse sera fini depuis longtemps.
12:58 Publié dans Ovalie | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 06 février 2009
C'est pas banal !
Ben dis-donc, c'est quand même pas banal le cinéma ! Hier Mamour et moi sommes allés voir Morse, un film suédois de Tomas Alfredson. Ça ne vous dit peut-être pas grand chose, le cinéma suédois, ni les regards qui en disent plus long que les discours, ni les films de vampire... Eh bien, il est temps de revoir votre jugement, parce que c'est drôlement bien, Morse. C'est un film de genre revisité. Le vampire ne cache pas son visage derrière une grande cape noire avant de fondre sur ses victimes pour les amener dans un grand lit à baldaquin, les séduire et les rendre vampire eux-mêmes dans de voluptueuses torpeurs languissantes et sanguinolentes. Il n'a pas de canines qui dépassent et qui font que l'on se méfie. Non, ici le vampire il est joli comme tout, tout fin, tout léger, pas méchant pour un sou. Le vampire est une jeune fille de 12 ans, avec un grand regard profond et doux. Et ça, c'est pas banal, vous en conviendrez ! Sur fond d'amitié juvénile, l'histoire se déroule dans les frimas et les longues nuits d'hivers suédois. Ils sont comme nous les Suédois, à part qu'ils ont des vampires dans leurs HLM, à côté de vrais gens qui travaillent et qui vont au bistrot en fin de journée pour se détendre. Leurs collèges ressemblent aux nôtres et les djeunes sont les mêmes. Un peu bête pour certains, seuls pour d'autres, et vampires pour les derniers. Tout comme dans la vraie vie, quoi ! Et comme il faut bien manger, se nourrir pour vivre, alors, la jolie vampire, elle attaque les gens. Elle pourrait aller voler du sang dans les hôpitaux de la ville, mais ça ne lui conviendrait pas la pauvrette, elle a besoin du sang frais de ses voisins pour se régénérer. C'est quand même pas de sa faute si elle ne peut rien avaler d'autre sous peine de vomissement ! Donc, elle est plutôt sympa la petite et ça, dans un film de vampire, c'est pas banal non plus !
Moi je l'ai toujours dit, j'adore les araignées, les fantômes, les sorcières et leurs chats noirs et, depuis hier soir, les vampires. Je n'irais pas jusqu'à en adopter une (non, faut quand même pas déconner !) : les jeunes, même vampires, ils sont pas faciles à 12 ans. Alors, par précaution, le soir en rentrant de mon travail du cinéma à côté de chez moi, je mettrai une grande écharpe bien épaisse, piquée de gousses d'ail, pour protéger mon petit cou gracile, on ne sait jamais.
22:15 Publié dans Je fais ça trois fois par semaine | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
samedi, 31 janvier 2009
A la fin, le héros il est mort
« Vous êtes très en retard monsieur, vous avez manqué les 10 premières minutes du Che de Soderbergh ! »
« Ce n'est pas grave, je connais la fin ! »
12:08 Publié dans Brèves de comptoir | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 21 janvier 2009
Tant qu'il fait noir, on reste dehors !

Mais qu'est-ce qu'ils ont tous aujourd'hui ?
Je suis à l'autre cinéma à côté de chez moi, sagement installée derrière la caisse, un œil sur tout et tout le monde. Et ce monde en question est pressé, pressé de rentrer dans la salle de cinéma, pressé de se mettre au chaud, bien serrés les uns contre les autres. Pressés d'oublier la morosité ambiante, les spectateurs ont besoin de rêver et ça je peux le comprendre. Mais, franchement, ça ne sert à rien de s'agglutiner devant la porte de la salle vingt minutes avant le début de la séance ! Et il suffit qu'une seule personne se mette en pôle position pour que tout le monde suive ! Monsieur Panurge, je ne vous remercie pas ! Me voici donc obligée d'intervenir :
- «Mesdames, messieurs, la séance précédente n'est pas terminée, je vais vous demander de laisser sortir les spectateurs qui sont dans la salle, en reculant un petit peu, merci ! »
Personne ne bouge. En fait, je n'ai aucune autorité naturelle, c'est là mon drame. La séance approche de son terme. Une première spectatrice sort, surprise de tomber sur un mur humain, elle joue des coudes pour rejoindre les toilettes. Je re-tente une intervention :
- «Ne vous inquiétez pas, je vous ouvrirai les portes et je vous dirai quand vous pourrez rentrer. De toutes façons, il fait encore noir dans la salle.»
Deux, trois personnes se tournent vers moi. Visiblement, je dérange leur impatience, c'est certain. Moi avec un grand sourire :
- «Je suis désolée, mais le générique est un peu long, il faut attendre encore ! »
Trente secondes plus tard, le monsieur en pôle position se tourne vers moi.
- «On peut rentrer maintenant, il n'y a plus personne qui sort ! »
Il faut que je m'affirme ! Il faut que je m'affirme ! Il faut que je...
- «Non monsieur, vous ne pouvez pas rentrer, le générique n'est pas fini, la salle est dans le noir, vous êtes tous agglutinés et vous allez vous bousculer en entrant. Vous risquez de faire tomber une vieille dame qui va se casser le col du fémur, je vais être obligée d'appeler les pompiers, cela retardera tellement la séance que nous devrons donc l'annuler, et peut-être même la suivante, de toutes façons vous ne pourrez plus voir votre film. Sans compter qu'il faudra annuler tous vos billets, vous rembourser, je vous dis pas la galère, sans nul doute le CNC va me tomber sur le paletot, je vais pour le moins avoir un blâme, et un sévère. Et comble de malchance, la vieille dame va porter plainte, il y aura une enquête, nous serons donc obligés de fermer l'autre cinéma à côté de chez moi et je vais me retrouver au chômage C'est pourquoi, monsieur, vous ne pouvez pas ENCORE rentrer dans la salle ! »
…Silence pesant, les anges sont encore dans la salle. Un petit coup d'oeil rapide sur l'écran de contrôle m'indique que le film se termine enfin, que la lumière tant attendue et qui fait tant défaut à certains est revenue. Je me lève et franchis la foule qui regarde ailleurs. J'ouvre les portes, je vérifie que plus personne n'est dans la salle... justement, il reste une petite dame qui peine à remettre sa veste. Elle fait au plus vite et au mieux. Je lui laisse tout le temps qui lui faut et quand enfin elle sort, une haie d'honneur s'est formée pour la laisser passer. Avec mon plus beau sourire, je m'efface et souhaite une tonitruante bonne séance à tout le monde. Ils sont tous rentrés à petits pas, en regardant bien où ils mettaient les pieds.
Non mais !
17:35 Publié dans colère | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note


