mardi, 20 janvier 2009
Madeleine

Encore un après-midi long, morose et sans saveur qui s'annonce, un de plus, une belle journée ensoleillée qui fait fuir au plus loin les spectateurs en manque de lumière. C'est ce que je me disais, vendredi dernier, en regardant l'heure à l'horloge du cinéma près de chez moi. Seul, un couple d'amoureux se dévorait du regard en buvant un café sur fond de musique douce, je n'existais pas pour eux, ils étaient seuls au monde, et c'est bien normal quand on est amoureux. Pour faire passer le temps, je lisais l'heure en basque, c'était mon cours de la veille, et toutes les deux minutes, je répétais : hiruak eta laurden, hiruak eta hogoi ta zazpi dira (1). Dire l'heure en basque c'est déjà faire passer le temps. J'en étais là de mon travail harassant quand est apparue, entre la pendule et moi, une mamie tout sourire. S'appuyant à peine sur une canne, elle est arrivée comme la reine mère dans son palais. Aussitôt Elle m'a commandé un café, la mamie, et l'a payé. Mon travail m'a pris deux minutes de plus : hiruak eta hogoi ta bederatzi dira (2). Elle est restée debout au comptoir pour boire en deux trois gorgées son petit noir. Les amoureux ne l'avaient même pas vue rentrer, tout occupés qu'ils étaient à se regarder l'un l'autre. Il faut dire que c'était une petite mamie, fine, menue et qui prenait peu de place en bout de comptoir. D'un petit geste elle m'a appelée pour demander :
- «Vous avez, ici, un endroit où l'on peut fumer ? Un petit local ou un bureau vide ?»
- «Mais non madame, c'est interdit de fumer à l'intérieur d'un lieu publique. Il faut sortir pour fumer !»
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dimanche, 04 janvier 2009
Monsieur Ferenczi a bon goût
Bon alors voila, je ne vais ni la ramener ni faire ma crâneuse en ce début d’année, mais quand même un petit peu, car j’ai trop envie de partager avec vous cette info envoyée par Gaël, réalisateur du film, « Une saison sans pop corn ». Voila que maintenant nous passons dans Télérama, et ça c’est ce n’est pas rien, Télérama c’est LA référence culturelle en matière de télé, de ciné, et maintenant de blog. Il faut bien vivre avec son temps. Donc évidement, je ne vais pas faire de longs discours. Mais je tiens tout de même à dire à monsieur Aurélien Ferenczi qu’il est plein de sensibilité et de bon goût, et ça c’est important dans la vie culturelle du monde. Et puisqu’il n’est jamais venu au cinéma près de chez moi, il le dit dans son article, et ben moi je l’y invite quand il veut. Il pourra boire un petit café dans une tasse verte ou marron, car nous aussi nous évoluons avec notre temps, boire un bon verre de vin, manger une petite quiche et voir tous les films qu’il aime...On discutera jusqu’au bout de la nuit du cinéma français, par exemple, même si ce n’est pas mon préféré. Vous pourrez dormir à la maison, monsieur Ferenczi, j’en ai parlé à Mamour, il est d’accord, d’ailleurs il est en ce moment même en train de faire le lit d’ami au cas où. N’est-ce pas Robert bis ?
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dimanche, 21 décembre 2008
Noyeux joël !
Alors moi, j’ai eu un joli harmonica, pour mon noël des blogueurs, l’autre soir. J’ai déballé au moment du dessert, un joli harmonica. Par tirage au sort, sans tricherie, ni copinage, j’ai eu un joli harmonica bleu. J’ai soufflé, aspiré, il marche très bien, il est réglé sur le do comme il se doit et se tient très bien dans la main. Je vais me mettre au blues et à la country music, m’acheter un beau chapeau de cow-boy en cuir, pour faire genre et enregistrer mes exploits sur Dailymotion. Vous allez voir ce que vous allez voir, ça va swinguer dans le quartier ! Mamour a eu une belle bouillotte. Jaune, qu’elle est la bouillotte. Il voulait mettre de l’eau pour la tester, là, tout de suite ; mais j’ai réussi à le convaincre d’attendre d’être rentrés à la maison pour le faire. Par contre, nous avons immédiatement défini la place de l’objet dans notre lit. Interdit de le mettre entre nous deux, pas question d’être séparés, même par de la chaleur réconfortante. Sa place sera à nos pieds pour réchauffer ses grands arpions de Berthe et mes petits petons de biche. Donc, nous voilà équipés pour affronter l’hiver rigoureux…
Tiens, je vais commencer par apprendre à jouer Jingle Bell, la période s’y prête. Je nous vois bien calés dans notre lit, piétinant du caoutchouc mou et jaune, Mamour chantant et moi soufflant et aspirant, bien comme il faut, les jolis chants de noël… Surtout que nos voisins nous ont fait une jolie décoration rien que pour nous, c’est sûr, puisqu’elle donne directement et uniquement sur la fenêtre de notre cuisine. Ça brille et clignote de partout en pleine nuit. J’espère juste que les avions ne vont pas confondre mon impasse avec l’aéroport de Biarritz… Déjà, cet été, on aurait dû se méfier car ils nous ont mis de belles plantes en plastic sur leur devant de fenêtre, au milieu d’arbres vivants tout étonnés de partager la maigre terre des villes avec des plantes made in usine… Une belle glycine du plus beau mauve et deux arbres à roses couleur saumon sont apparus en fin de mois d’août. Moi, naïve je me suis exclamée : « Oh, comme c’est joli ! ». Mamour qui, grâce à ses lunettes, rivalise avec l’aigle, a tout de suite vu que c’était du toc, du plastic et du tissu. Ça m’a tout cassé l’amour des couleurs et des fleurs. Forcément, si ce n’est pas du vrai, ce n’est pas joli. Mais attention, c’est drôlement costaud le plastic. Il peut pleuvoir pendant des jours entiers, les vents de l’ouest peuvent se déchaîner pendant toutes les nuits, jamais ça ne bouge ces cochonneries-là. Pas une feuille par terre, pas une brindille qui s’envole, pas de branches cassées, ni de fleurs fanées. C’est de la décoration durable ! Heureusement que son développement en est réduit ; pas de greffe, ni de pousses spontanées. Nous voilà donc avec une double décoration, celle permanente de l’été et celle de l’hiver qui, je l’espère, sera provisoire. J’ai quand même un peu peur pour Pâques !
Mais, bon, tout cela ne nous empêchera pas de passer de belles soirées. Ah, le bel hiver qui s’annonce ! Un petit bouillon de poule, les charentaises au pied du lit, les chats au creux des bras à qui je vais acheter des boules Quiès avant qu’ils ne plaignent à la SPA, Mamour et moi on va vite fait bien fait réinventer les bonnes vieilles traditions de fin d’année. Alors, si vous avez besoin d’animateurs ou d’animatrices pour ces fêtes de fin d’année, n’hésitez pas à nous contacter, vous nous trouverez facilement devant l’impasse avec des guirlandes accrochées aux faux arbres qui brillent. C’est que ça pulse dans le quartier, en couleur et en musique !
Noyeux Joël à tous !

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lundi, 10 novembre 2008
agur jaunak
Je ne sais pas si vous aviez la télé quand vous étiez jeunes, mais moi oui. Maintenant aussi, d’ailleurs, mais je ne la regarde pas car il n’y a plus « la petite maison dans la prairie ». C’est pas que j’aimais la série, j’étais déjà un peu grande quand elle passait à la télé, mais mon jeune frère ne ratait pas un épisode, alors forcément j’ai jeté plusieurs fois un coup d’œil dans la lucarne pour voir de quoi il s’agissait. C’est qu’ils étaient tous beaux, gentils, à part les méchants bien sûr, qui étaient pingres, fourbes et méchants comme il se doit. Eh bien j’ai retrouvé toute la famille, enfin c’est plutôt mon amoureux de plébéien qui les a dénichés sur la toile; mais il y a longtemps alors ça ne compte plus. Ils ont changé de nom et s’appellent maintenant « The Kelly family », ils ne courent plus dans la prairie mais chantent sur des scènes immenses un peu partout dans le monde. C’est beau l’internationalisme, ils sont espagnols, allemands, et aussi un peu irlandais et américains. Ils sont visiblement très connus et parfois chantent en basque. Incroyable mais vrai ! Ils ont repris en l’honneur du peuple basque un très joli chant, très émouvant, que je vous offre ici. Mon plébéien l’a mis aussi en ligne, mais je ne vois pas pourquoi je ne copierais pas. On ne copie que les bons et je ne suis pas obligée de faire preuve d’imagination à longueur de temps. Donc voici Agur Jaunak, chant d’hommage qui se chante en chœur comme il se doit au Pays des Basques. Moi ça me chavire le cœur et me frissonne le dos. Et le premier qui dit que je ne suis pas originale, je lui réponds : "M'en fous !"
Et en cadeau, les paroles :
Agur Jaunak Jaunak agur agur terdi
Danak jainkoak eginak gera zuek eta bai gu ere
Agur Jaunak agur terdi hemen dena
Agur Jaunak
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vendredi, 24 octobre 2008
La garbure pour les geeks
Bon, je sais, je ne vous en ai pas encore parlé, mais il se passe des trucs sympas à Bayonne. Par exemple tous les premiers jeudi de la gazette du cinéma à côté de chez moi, les blogueurs du coin d’ici et de plus loin se réunissent pour boire un coup, manger un morceau, dire des bêtises et rigoler ensemble. Ça fonctionne bien notre histoire, puisqu’il y a toujours du monde. Nous appelons cette petite réunion « le Carnet Bayonnais ». Pour les modalités voir l’ami No’ qui annonce, prévient, informe la blogosphère locale quelques jours avant les agapes. Donc hier, nous étions le premier jeudi de la gazette, et après mon travail de l’autre cinéma à côté de chez moi, je les ai rejoints vite fait pour profiter de la chaleur de la Taverne. J’arrive toujours en plein milieu du repas et découvre souvent de nouveaux visages étonnés et ravis de se retrouver avec des inconnus si chaleureux. Donc moi je m’assoie là ou il y a de la place, à savoir en bout de table et en cours de conversation. Hier je me retrouvais en face de mon Ttirritt de l’intérieur qui avait participé à l’organisation d'un BarCamp. Le BarCamp du Pays basque c'est le BasqueCamp, une réunion de blogueurs et autres à laquelle toutes les personnes présentes doivent participer en prenant la parole, personne ne doit rester passif. Si je n’avais pas travailler, j’y serais bien allée moi au BasqueCamp, à part que je ne sais pas trop quoi dire à tous ces gens hyper doués en boutons rouges et lumineux qui emploient un langage d’ingénieur en informatique. Moi j’y serais bien allée pour faire et servir le café, par exemple. C’est important ça aussi, servir le café. Ça réchauffe, ça nourrit, ça réveille la machine, c’est une vraie participation active, non ?
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dimanche, 21 septembre 2008
Mode nuit du patrimoine

Hier je travaillais, enfin jusqu’à 17 heures seulement car j’avais remplacé une collègue la semaine passée et elle est donc venue me libérer pour le début de soirée. Liberté chérie quoique imprévue, difficile d’organiser un happening comme ça au pied levé dans mon petit appartement ! Heureusement il y a « magic internet » pour nous donner des idées et nous avons jeté, mon amoureux et moi, notre dévolu sur la nuit de patrimoine de Bayonne. C’est que nous avons bon goût à Bayonne. Pour ce genre de manifestation, la municipalité est capable d’organiser des choses fines, raffinées, avec de l’originalité, des belles couleurs et tout et tout… Nous voila donc partis, l’appareil photo dans le sac, pour la découverte de notre patrimoine, riche, ancien et rénové à grands coups de subventions.
Après un bon repas dans un restaurant sympa, nous avons rejoint un des points de rendez-vous de la tournée de la nuit dans les rues de Bayonne. Dans nuit du patrimoine il y a nuit et mon plébéien, l’appareil photo à la main, jouait au grand reporteur nyctalope. Et vas y que je te mitraille les jeunes qui jouaient de la musique, les façades des églises, la foule, tout, il mitraille tout. Le problème c’est qu’il faut, pour faire ressortir les belles couleurs, mettre l’appareil photo en « mode nuit ». C’est bien le « mode nuit », mais il ne faut pas bouger du tout, le mieux c’est d’avoir un trépied pour bien caler l’appareil, sinon c’est flou. Ça peut être joli le flou, mais ça reste flou. Et puis, évidement, impossible de se promener avec un trépied dans la foule, surtout qu’on a en pas acheté de trépied. C’est vrai que c’était joli, les façades illuminées, les textes racontant l’histoire de Bayonne, la musique qui accompagnait les promeneurs. A la fin il y a même eu un petit feu d’artifice au-dessus de l’échauguette. Moi j’aime bien les feux d’artifices, je ne peux m’empêcher de crier : « Vas-y mes impôts locaux, vas-y ! » J’aime bien payer pour les feux d’artifices. Puis nous sommes rentrés, heureux de toutes ces belles couleurs enregistrées dans nos rétines. Quand nous avons chargé les photos sur notre ordinateur, nous étions un peu déçus, car évidement elles étaient comme on s’y attendait, floues comme si nous avions bu des litres de Rioja. Et si j’écris cette petite note, c’est juste pour demander aux grandes instances organisatrices : « Vous ne pourriez pas l’organiser de jour la nuit du patrimoine ? C’est juste à cause du « mode nuit » de notre appareil photo. »

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mardi, 05 août 2008
Les fêtes de Bayonne que j’ai vues : épilogue
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lundi, 04 août 2008
Les fêtes de Bayonne que j’ai vues : La fin
J’avais décidé de conclure cette série de reportages en parlant des saletés qui ont envahi notre bonne ville durant ces fêtes, mais force est de reconnaître que des efforts ont été faits et donc pour une fois, je ne vais pas trop râler, mais plutôt encourager quelques initiatives plutôt heureuses.
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Les fêtes de Bayonne que j’ai vues : Les antis
Puisque à ce jour et à cette heure, aucun média n’a encore relayé l’info, je me dois de faire un reportage sur la manif des anti-corridas à laquelle j’ai participée samedi après-midi.
Nous nous étions donnés rendez-vous devant l’entrée principale de l’abattoir… euh pardon, des arènes de Bayonne, pour manifester notre opposition à ces pratiques barbares d’un autre temps.
Les manifestants se devaient d’être pacifistes, silencieux, dignes, comme les condamnés devant un peloton d’exécution. Nous étions une bonne centaine à faire face aux milliers d’assoiffés de sang et de douleurs qui nous insultaient copieusement derrière des CRS neutres comme des Suisses. Le mot d’ordre était de ne pas répondre aux provocations, je serrais donc les dents en observant et écoutant les « afficionadorateurs » de la mort.
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samedi, 02 août 2008
Les fêtes de Bayonne que j’ai vues : Les travailleurs
Il ne faut pas croire que pendant les fêtes, tout le monde est de repos, en vacances à déambuler dans les rues à la recherche du bonheur et des paradis artificiels. Il y a forcément des gens qui s’activent qui triment dans des conditions rendues plus difficiles par la foule, la promixité, les dégradations de toutes sortes, l’état d’alcoolémie de beaucoup. Ils méritent tous une super prime, des vacances, et pour le moins le respect de tous. Il y a les pros, les bénévoles, ceux qui bossent quand tout le monde dort, mange ou chante. Ce petit reportage est un hommage à tous ces anonymes du travail quand les autres s’amusent.
En premier et c'est normal les effaceurs de nos merdes, jamais considérés, parce qu'on méprise les gens qui nettoient.
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