lundi, 17 novembre 2008
Soirée Tango
Mais qu’est-ce qu’ils avaient tous vendredi avec le Tango ? C’est vrai, quoi ! Tout Bayonne s’était donné rendez-vous à la Taverne du cinéma à côté de chez moi pour assister à un concert magistral de tango avec Sueño Milonga , manger des empanadas, (chaussons fourrés à la yande, argentine bien sûr), et voir un petit chef-d’œuvre de film : « Une histoire de Tango ». J’aime bien quand il y a du monde, ça me met une sacrée pêche tous ces spectateurs de début de week-end, heureux de leur soirée trois en un pour moins de 15 euros. Mais là, franchement, c’était trop. Surtout que rien ne laissez prévoir cette ruée bandonéonesque devant mon comptoir devenu trop court d’au moins dix mètres. C’est qu’un amateur de tango ça danse et c’est beau, mais ça boit aussi beaucoup. Mais attention, pas n’importe quoi, pas de la kro au rabais (de toutes façons j’en vends pas), mais du bon vin, rouge comme la passion et la sensualité qui les animent, rouge comme le sang qui bat fort au son du violon qui les a fait vibrer. Oui, messieurs-dames, il y avait du violon à la soirée tango ! Moi j’y serais bien allée au violon, pour abandon de poste par exemple, histoire de me mettre au frais et à l’isolement. En fin de soirée, nous n’avions plus un verre de propre, j’en ai retrouvé le lendemain jusque dans les toilettes, ni de vin rouge, ni du rosé, plus rien à manger ni pour les musiciens ni pour les collègues complètement assommés par un tel brouhaha incessant. Le cinéma à côté de chez moi a participé grandement au réchauffement de la planète et ça c’est mal en cette période où il faut bien faire attention à jeter les gobelets en plastique dans la poubelle verte et non pas dans la grise. Evidemment, nous avons refusé du monde pour le film et les dépités sont restés au bar, histoire de noyer leur chagrin avec un petit coup de rouge. Il y en a même qui m’ont demandé du champagne, c’est pour vous dire que les gens n'étaient pas tous d’ici. D’habitude on leur remonte le moral en leur disant qu’ils boivent le coup du refoulé, histoire de les faire sourire un peu. Mais là, nous avions trop de rangement à faire pour plaisanter avant la sortie de la séance. Moi je tenais le coup en pensant à la bonne soupe qui m’attendait à la maison, mais pas avant minuit. Il faut vous dire que c’était une soupe à la citrouille, Cendrillon n’ayant pas pu aller au bal. Mon amoureux il y était, lui, dans la salle. Il y était allé en traînant des pieds et à reculons. Le tango ce n’est pas trop son truc, il est plutôt rock, voire rock basque. Plus trikitixa* que bandonéon, plus souvent accoudé au bar que sur les pistes de danse à plier les frangines comme des roseaux pour les faire se pâmer l’œillet rouge sang entre les dents devant les foules ébahies. Je l’attendais donc, lui et les 179 autres bienheureux et bien assis dans ma salle préférée. Quand ils sont sortis, j’ai tout de suite resenti la magie qui se dégageait d’eux tous en pleine extase. I
ls avaient tous vu un chef- d’œuvre et les quelques uns qui sont restés à boire une bière, faute de vin, évoquaient la musique des dieux d'un film enchanteur. Devant leur bonheur affiché ma fatigue s’est faite plus légère.
Nous sommes rentrés ensemble, mon amoureux nouvel- lement tangophile et moi, lui la tête dans les nuages, fredonnant des airs que je ne lui connaissais pas et moi traînant les pieds sur le pavé glacé, pensant à ma soupe ...et faisant bien attention de ne pas perdre mon soulier. Ne le répétez pas, mais, depuis vendredi, il me semble que mon plébéien fait des pas glissés sur le parquet de notre home sweet home. A chaque demi-tour, il tour- noie, virevolte, même avec ses charentaises à carreaux et à trous, il serait comme qui dirait plus léger, léger…
trikitixa* : accordéon basque
17:10 Publié dans il faut soigner son relationnel | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 03 novembre 2008
Lingerie pour fille
Si vous pensez que je n’ai pas vu votre petit jeu, vous vous mettez le doigt dans l’œil jusqu’à la gorge profonde ! Qu’est ce que vous croyez, que je ne vais jamais sur les autres blogs ? Que je ne vois pas votre petit manège autour des dentelles, des balconnets,et autres strings à paillettes ? J’ai bien compris pourquoi vous étalez de la lingerie à toutes les pages de vos blogs identiques, vous cherchez à attirer les filles qui rêvent de soie et de satin et les garçons qui aiment les filles qui aiment la soie et le satin. Et tout ça pour augmenter vos statistiques, pour être vus, lus ou gros lulus sur le web international du monde entier. Eh bien, moi aussi, je vais vous prendre dans ma toile, englués, tout poisseux que vous allez être ! Je vais faire dans le dessous, pour toujours être au-dessus. Mais attention pas question de suivre les modes présentées par des filles anorexiques de moins de quinze ans. Je préfère circuler dans la marge des marques racoleuses. Moi je veux promouvoir la mamie, l’amatxi*, la mémé qu’on ne regarde plus comme une femme. Je suis old fashion, moi, monsieur ! Les bas qui scintillent et qui crissent, non merci, je laisse ça à la majorité froufroutante.
C’est que j’en ai vendu des gaines et des corsets sur les marchés de ma jeunesse ! J’en ai vu défiler des femmes (et même des hommes) qui se trouvaient trop grosses, trop fessues, et c’est souvent en rougissant qu’elles essayaient ces carcans, rêvant qu’ils feraient d’elles des stars de télé.
Alors gloire à vous gaines et corsets, grandes culottes et soutien-gorges renforcés ! Gloire à tous ceux qui aiment le coton brut et le blanc grand teint ! Je suis sûre que vous êtes assez nombreux pour réveiller mes stagnantes statistiques. Je vous en donnerai la preuve en images dans les trois jours qui viennent...
*amatxi = grand-mère en basque.
Voici donc ma collection spéciale grosses doudounes, automne-hiver 2008-2009
18:21 Publié dans il faut soigner son relationnel | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lingerie, soutien gorge, string
jeudi, 25 septembre 2008
Classe sociale

Je ne sais pas vous, mais moi j’ai remarqué que dans la vie, les gens sont tous différents. Vous l’avez remarqué aussi, forcément, car j’imagine bien que vous en côtoyez aussi, des gens. Moi je les aime bien, les gens. Ils sont mon miroir et me renvoient ce que je suis ou ce que je ne serai jamais.
Donc, les gens sont tous différents :
Il y a les fragiles, toujours la larme à l’œil cachés derrière leurs cheveux, le regard bas, ils traversent la vie dans la douleur.
Il y a les forts, les costauds de la vie qui ne craignent rien ni personne, autoritaires, ils passent sans se retourner, sans états d’âme.
Il y a les rigolos que l’on qualifie de petits. Pourquoi les rigolos devraient-ils toujours être petits ?
Il y a les gentils, toujours prêts à tendre la main, la joue, le sourire au coin des lèvres.
Il y a les fiers, qui même avec une serpillière sur la tête gardent une allure de prince.
Et puis il y a ces gens qui ont de la classe. Ça ne se remarque pas forcément au premier coup d’œil, la classe, rien à voir avec l’appartenance sociale, l’épaisseur du porte-monnaie ou le nom de famille.
Mon amoureux, par exemple, pour parler de quelqu’un que je connais bien, a beaucoup de classe. Ouvrier et fier de l’être, il devrait appartenir à la catégorie des petits, des sans grades, voir des moutons suiveurs, ceux que l’on croise dans la rue, que l’on bouscule sans se retourner parce qu’on n’a pas de temps à perdre. Eh bien non, il est instruit, intelligent, fier, il réfléchit et se préoccupe du sort des plus humbles en faisant plein de moulinets avec les bras. Quel rapport avec la classe me direz-vous ?
Vous n’êtes pas sans savoir qu’en ce moment j’ai du souci au cinéma près de chez moi. Je serre les dents, je bosse du mieux que je peux, en gardant une bonne humeur que j’espère communicative. Et malgré quelques crampes à l’estomac, je crois que je m’en tire pas trop mal. Je me surnomme Rosetta et rien ni personne ne pourra m’empêcher de mener ma mission jusqu’au bout de la nuit. Eh bien, imaginez-vous que l’autre jour, hier pour être précise, en arrivant sur mon lieu de travail, un magnifique bouquet de fleurs m’attendait. Rouges comme le sang de la vie, vertes comme l’espoir qui m’anime, les fleurs trônaient sur le comptoir en me tendant leurs tiges à caresser. J’ai fait ma « caméléonne » en virant au carmin, cerise, corail, cramoisi, grenat, incarnat, pourpre, sang, vermeil, vermillon… entre autres. Bien évidement il y a avait un petit mot pour accompagner les gerberas, les roses et les œillets. Un mot d’encouragement, plein de poésie, d’amour et de délicatesse. Quatre lignes sur un papier de fleuriste qui inondent de bonheur les journées les plus tristes. Tous le monde m’a demandé si c’était mon anniversaire, ma fête, si j’attendais un bébé, à quelle date était prévue notre mariage, j’en passe et des meilleurs. Non, rien de tout ça. Juste une marque de solidarité, d’encouragement, d’accompagnement. Le bouquet est resté bien en évidence pour que les jaloux, les pisse-froid se rendent compte à quel point je suis forte parce que je suis aimée. Alors, c’est pas la grande classe ça ?
Et si je meure demain, on ne sait jamais, je veux qu’on m’enterre sans fleurs ni couronnes mais avec juste ce joli mot posé sur le cœur. Vous le trouverez facilement, j’ai jeté tout le contenu de mon sac de fille pour ne garder que lui.
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dimanche, 13 juillet 2008
Comment j'ai failli mourir...
Comme vous le savez déjà, au cinéma à côté de chez moi, nous recevons souvent des personnalités (et ça me réjouit toujours le cœur). Vendredi dernier, nous avions la chance d’avoir parmi nous la très belle Nina Agossi en avant première de La ruée au jazz, festival qui porte bien son nom quant à sa fonction culturelle sur notre belle ville de Bayonne.
Nina était donc là dès l’après-midi pour une conférence de presse et une série de photos à laquelle elle s’est prêtée avec grâce. C’est qu’elle est belle et souriante et grande et noire et féline et sympa, Nina. Un petit détail, quand elle est arrivée je la croyais d’origine américaine, je ne sais pas pourquoi, mais je m’étais mis ça dans la tête. Peut-être à cause de la commande passée au bar par la personne qui l’accompagnait, un peu secrétaire, un peu impresario et certainement amie fidèle.
-« Un c.c.-cola pour Nina » qu’elle me demande la copine.
-« Ben je n’en ai pas, moi je ne vends que du Ehka-Cola , marque locale, dont le sucre est issue du commerce équitable ».
- « C’est pareil, j’en prends un. »
-« Non, ce n’est pas pareil » que je pense, en lui tendant la bouteille.
Et hop, deux euros de plus dans mon escarcelle et la joie pour moi d’avoir vendu une boisson alternative à la place de la marque américaine la plus connue au monde. J’étais un peu fière de voir avec quelle facilité j’avais converti les Etats-Unis aux coutumes subversives du commerce basque.
Pendant que Nina répondait gentiment aux questions des journalistes en face de mon comptoir, je fanfaronnais toute sautillante dans ma tête car, franchement, la journée avait drôlement bien commencé. Il m’en faut si peu pour être heureuse ! Je décidais donc de fêter ça en buvant moi-même de cette boisson sucrée et noire afin de faire comme Nina. Peut-être deviendrais-je aussi un peu plus grande, un peu plus belle, un peu plus noire et surtout peut-être que ma voix se « cristalinisera » au firmament des nuits bayonnaises…
Il faut vous dire que je ne bois jamais de ces boissons là. C’est trop sucré, y’en à trop dans la bouteille, ça ne désaltère pas et ce n’est pas très bon avec son goût chimique, mais, là, je voulais faire comme Nina. Et voila ce que c’est de manquer de personnalité ! Dès la première gorgée, j’ai senti un tsunami dans la bouche, j’avais soif et j’ai bu ça comme de l’eau. Nina, en face de moi, ne me regardait pas particulièrement mais pas question de cracher cette mousse de marée noire et toutes ces bulles qui commençaient à exploser les unes après les autres dans ma trachée artère. Je m’étouffais donc mais en essayant de le faire discrètement et avec classe. Cherchant de l’aide, je me suis précipitée dans le bureau de mes collègues qui pensaient que je faisais encore une fois l’imbécile en roulant des yeux. Elles ont fini par comprendre et une bonne claque dans le dos parvint à réorganiser la bonne circulation du liquide agressif. Je me sentais bête. Forcément, je l’avais été. Nina, toujours assise, n’avait rien vu. Je venais donc d’éviter le ridicule, en même temps que les urgences, les pompiers et l’inspection du travail pour le pédété*. Le pire, vous savez quoi ? C’est que Nina n’a même pas bu son Ehka en entier, trop bavarde qu’elle est.
A part ça, les touristes sont bien arrivés, ils me demandent souvent pourquoi notre plancher est si gondolé. Je vous le dis une fois pour toutes, c’est qu’il se marre, le plancher, de me voir si bête en son miroir.
* Le cinéma près de chez moi est géré par une association, le pédété en est le président.
14:30 Publié dans il faut soigner son relationnel | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : jazz
mardi, 01 juillet 2008
Je, madame la ministre
Voila, encore une fois, Toulouse Champion de France de Rugby. Franchement, j’avais une petite préférence pour Clermont, mais, bon, ils n’y étaient pas, ils n’y étaient pas ! Ce n’est pas du match dont j’ai envie de vous parler mais de la mi-temps et, plus précisément, de la reprise d’antenne après le quart d’heure d’inévitables pubs pour les pneus, la mousse à raser et autres produits dérivés : rasoir, rasoir… Tout que pour les garçons en plus ! A la reprise, donc, j’étais affalée sur mon canapé quand est apparue madame la ministre de la Jeunesse et des Sports. Tout sourire qu’elle était, Roselyne. Pendant que le journaliste l’interrogeait sur l’issue du match et sur son pronostic, elle nous faisait des mines en dodelinant de la tête, roulait des yeux pour faire drôle. C’est que c’est une belle fête, le rugby, on n’est pas là pour pleurer non plus et on a bien vu qu’elle était heureuse, Roselyne, de parler dans le poste. Bien sûr aucune déclaration essentielle n’est sortie de sa bouche et, de toutes façons, on n’attendait rien de tel. Je me suis mise à penser : Ah, le beau métier qu'elle a ! Dans la tribune d’honneur, la coupette à la main (elle peut même en prendre plusieurs, elle a un chauffeur, Roselyne), la ministre assiste depuis l’angle idéal à tous les matchs qu’elle veut. A la fin, elle sert les mains des joueurs, elle félicite ou réconforte, elle peut même leur faire la bise, si elle veut, la veinarde. Je suis jalouse ! C'est sûr qu’elle collectionne les calendriers de rugbymen presque tout nus qui aguichent les amateurs(trices) de corps parfaits, dans les cuisines, les salles de bain...
Alors, voila, c'est décidé, moi aussi je postule. Je me sens tout à fait capable d’en faire autant. Ce n’est pas difficile ministre des Sports. Moi aussi, je veux leur parler, les voir jouer en direct, leur faire des clins d’œil tellement je suis bien placée dans la tribune. Je vous promets, chers électeurs, chères électrices, de porter tous les sports au niveau le plus élevé. Et puis je suis une puriste, je m'engage : Le dopage c'est mal, trop de sous dans le sport, aussi. Ça va transpirer dans les écoles qui seront suréquipées de baballes et de matériels sophistiqués. Les Américains viendront s’entraîner chez nous. On ne dira plus fort comme un Turc, mais champion comme un Français. On sera tous grands, bronzés et musclés, un exemple pour le monde entier. Plus de pub à la télé mais du sport à gogo et attention ,pas que du foot, non, du canoë, de la gym, du curling, de la pelote basque, de l’athlétisme, du judo et, surtout, pour mon amoureux qui refuse toujours de regarder n’importe quelle retransmission : de l’haltérophilie ! Je ne sais pas pourquoi mais il en regarderait bien à la télé. Il m'en réclame déjà alors que je ne suis même pas encore ministre, c’est vous dire. Donc, quand je serai LA ministre des Sports, à 20 heures tous les soirs : haltérophilie entre la poire et le fromage. Ah, le joli programme que je vous concocte !
Donc on est d’accord, on change de gouvernement. Je ne vais tout de même pas être ministre dans celui-là, faut pas déconner non plus ! Quand je serai "élue" ministre, je verrai tous les matchs de rugby que je veux. Vous, vous ferez du sport où vous voulez, comme vous voulez et Mamour pourra se réconcilier avec la télé en regardant de l’haltérophilie. Je crois qu’il est persuadé que l’"altérophilie" c’est l’amour des autres. Surtout ne le décevons pas, pour une fois qu'il s'intéresse au sport.

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samedi, 21 juin 2008
Ongi etorri les touristes !
Voilà, la saison commence… ou plutôt elle se termine pour le cinéma à côté de chez moi. C’est l’été et tout le monde se retrouve sur les plages, autour des barbecues, aux terrasses des cafés. Dès qu’il fait beau, les cinémas sont déserts, c’est comme ça, on le sait. A part bien sûr si l’été est pourri. Et un mois de juillet ici, ce n’est pas toujours ensoleillé. Donc, amis touristes, vous voila prévenus ! Il ne fait pas forcément beau dans mon pays en été. Bien sûr, je comprends bien que vous soyez frustrés, stressés en arrivant sous les nuages, mais nous, nous vivons plutôt dans une ambiance décontractée (voir ci-dessous le point de vue depuis mon lieu de travail).

Donc, regardez bien la belle photo pour ressentir le relâchement de vos petits muscles tétanisés… Vous allez mieux ? Alors, maintenant, chers amis du bout du monde, au cinéma d’à côté de chez moi, ne regardez plus votre montre toutes les 20 secondes en vous dandinant sur place, on prévient toujours quand la séance commence. Ne poussez plus nos papis et nos mamies pour entrer les premiers dans la salle. Ne mangez plus debout, vous n’êtes pas dans un drugstore. Ne cherchez pas de distributeur de boissons, le distributeur c’est moi.
Et surtout ne nous dites plus en arrivant au cinéma :
« C’est bien, vous avez aussi les films en sortie nationale comme à Paris »
Ben oui, vous êtes dans un cinéma, un vrai.
« Vous faîtes des prix pour les touristes ? »
A votre avis ?
« C’est joli chez vous mais vous ne vous ennuyez pas trop l’hiver ? »
L’hiver il fait beau et la culture basque est très riche.
« Servez-moi un truc à manger, vite fait ! C’est pas grave si je rate le début du film, il fait 2 h 30 ».
Au contraire, c’est très grave ! Il faut choisir dans la vie et là justement, vous risquez de passer les 2 h 30 qui suivent avec des grenouilles dans l’estomac parce que je ne sers jamais à manger deux minutes avant le début de la séance.
« Vous avez du pop corn ? »
Non, je n’ai que des boîtes de maïs à vous offrir mais c’est ballot j’ai perdu l’ouvre-boîte.
« C’est très vert le Pays basque, il doit pleuvoir beaucoup ? »
Effectivement, c’est très vert, il pleut beaucoup, surtout l’été, on ne le dira jamais assez !
« Un express fissa, avant que la séance commence ! »
Primo, je ne m’appelle pas Fissa, deusio, ici on ne boit que du café dans des tasses vertes ou du déca dans des tasses blanches, on les déguste tranquillement. On n’aime pas se brûler la langue ! Vous êtes ici pour vous détendre, pour de nouvelles rencontres et, ça tombe bien, nous aussi. Alors no stress please dans le cinéma à côté de chez moi !
Dernière petite chose : N’oubliez pas vos bottes en caoutchouc, on ne sait jamais, c’est pas marrant les pieds mouillés pour une séance de 2 h 30.
Allez, ongi etorri les touristes dans le plus beau cinéma du monde !
13:38 Publié dans il faut soigner son relationnel | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 juin 2008
Gorecito a de la chance

Il est un temps dans la journée que j'aime bien, c'est celui de la sortie des classes. Les enfants s'éparpillent dans la rue heureux de retrouver leur liberté chérie. Dans le quartier près de chez moi, il y a plein d'écoles et forcément plein d'enfants. Je les croise souvent dans la rue, le cartable au bout du bras ou sur l'épaule comme un prolongement de leur petit être. En cette fin d'année scolaire, ils nous abordent, nous les vieux, les pas rigolos, nous qui n'avons même pas un ballon pour jouer, une bille à échanger ou des bonbons à donner. Il faut bien vendre les billets de tombola que l'instit leur a confiés. Premiers pas dans la communication avec les grands, premières relations commerciales, c'est qu'il faut s'affranchir de toutes les timidités pour revenir le premier en classe, les poches déformées par les pièces de monnaie.
Les enfants savent où me trouver, j'achète des tickets à tous ceux qui passent me voir sur mon lieu de travail à côté de chez moi. C'est qu'ils sont mignons ces petits leurs billets à la main. Ils ont toujours les plus beaux lots à gagner, les tickets les moins chers, enfin bref à chaque fois je suis censée faire une sacrée bonne affaire. "Vous allez voir madame, cette fois vous allez gagner un beau jambon !" Bien sûr je n'ai jamais rien gagné, même pas le lot de consolation, même pas un tee-shirt publicitaire.
Il faut bien que je vous l'avoue, le généreux acheteur de tous ces billets s'appelle Gorecito. Gorecito, c'est la Tirelire, le nid douillet pour piécettes abandonnées sur le comptoir. Mais attention, Gorecito, c'est plus qu'une tirelire, c'est notre mascotte, le gardien du temple, l'ami des fantômes qui hantent ces murs depuis plus de cent ans. Toujours souriant, discret et insatiable, Il est beau, il est gros, c'est the Gorecito !
La résidence principale de Gorecito c'est derrière le comptoir, prés de la caisse bien sûr. Aujourd'hui, les enfants sont là avec leurs parents. Il y a un goûter, un film et des jeux, tout ça rien que pour eux. Mais il y a surtout un super tirage de tombola. Gorecito en première ligne attend, ses quatre billets fiérement acquis sous le sabot. Il faut dire que les lots sont tous présentés au milieu de la salle, sauf bien sûr le week-end offert pour quatre personnes à Cauterets. Quand enfin le tirage commence, c'est le bazar le plus complet. Personne n'écoute, personne ne suit, si ce n'est deux ou trois adultes qui aimeraient bien gagner le lecteur MP3 pour l'offrir à leur aîné(e). Gorecito ne voit rien, n'entend rien, heureux que je sois sa traductrice officielle. J'ai appris les numéros par coeur pour vaquer à mes occupations tout en suivant le tirage d'une oreille distraite. "847" qu'elle crie la jeune fille pour se faire entendre dans le brouhaha, "Mais c'est nous, ça, le 847 !" J'attrape le billet de dessous les pattes du vainqueur pour le brandir devant tout le monde, qui s'en contre-fiche éperdument. Je me rapproche pour m'assurer de cette première victoire historique. Et oui, c'est bien ça, le 847 est sorti en troisième position. Je lorgne les lots, sauf bien sûr le week-end parce que Cauterets c'est trop loin. Sur le dessus du tas trône un sac rouge qui ressemble à un polochon déformé. Je tourne autour avec un drôle de pressentiment dans la tête. C'est que je défends les intérêts de Gorecito, comme une lionne le ferait pour son petit. Le gamin qui m'a vendu les billets s'approche de moi et d'un geste large m'indique ce tissu vermillon comme étant le lot que je peux réclamer en fin de soirée. Il est à moi ce beau polochon, à part que ce n'est pas un polochon mais une tente C..a-C..a. Là, évidement, je me liquéfie sur place. Cette boisson, celle du grand Satan devant l'Eternel, je l'ai interdite dans mon honorable établissement. Rien que de nommer cette marque c'est faire preuve de grossièreté. Alors vous imaginez la tente pour amoureux transis avec le gros mot écrit dessus ?! Je ne peux rien dire au gamin dont le regard brille de convoitise. Avec sa tête de scout élevé au grand air, il la récupérerait bien, lui, la tente. Mais pas question de l'offrir à Gorecito, ni à personne d'autre, d'ailleurs.
Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de cette "chose" ?... Vite, une idée ! D'abord, je vais effacer l'infâme nom... ou, mieux, je vais l'exorciser en le rebaptisant : "Gorecito-Cola". Et d'un ! Je vais ensuite badigeonner ce rouge sang d'encre noire, et de deux ! Quand cet "objet" aura retrouvé une allure respectable, je le prêterai (faut pas déconner, il est quand même à moi, je ne vais pas le donner !) à tous les clients de ma taverne qui ont participé depuis des années en laissant leurs piécettes sur le comptoir. Vous avez été généreux, nous saurons l'être aussi !
Alors, si vous rêvez de camping et de grillades en plein air, si vous trépignez dans vos godillots de marche en ce début d'été, inscrivez-vous en laissant un commentaire à cette note. Ou n'hésitez pas à venir nous voir, Gorecito et moi, nous vous prêterons une magnifique tente tout à fait personnalisée. Le camping en montagne est une activité saine... surtout du côté de Cauterets.
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samedi, 31 mai 2008
merci au roi des templates
Ben oui, c'est joli un blog, ça flatte l'ego, dans de jolies couleurs chaudes comme le soleil qui se couche et tout et tout. Mais faut pas croire que c'est facile, il faut connaître un tas de choses comme les HTML, rien à voir avec une quelconque habitation très modérément louée, il faut savoir utiliser des tas de signes comme <ou <a> ; bref, on s'y perd quand comme moi, on n'y connaît rien de rien aux templates et aux modifications qu'il faut y apporter pour que ce soit beau joli à côté de ma trombine de minote souriante.
Donc merci, merci, à mon amoureux patient, qui comprend quand je dis chose, truc ou bidule, je vois bien que derrière ses lunettes ça turbine, ça turbine, il traduit tout pour m'aider à l'accouchement de ce blog. A lui la technique, à moi la gloire et l'orgueil de rentrer dans la grande famille du Oueb. Car ce qu'il ne sait pas encore, mon amoureux, c'est qu'il va devoir maintenant se taper la vaisselle, le ménage et les courses. C'est décidé, je prends la main, je vais bientôt tout savoir sur les tableaux de bord, les catégories et les stats. Je vais innonder la blogosphère de liens. Mais bon, pas tout de suite, j'ai encore besoin de mon roi des templates.
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